Par Corrado Tiralongo, chef des placements | 2 avril 2025
Au cours des dernières semaines, selon l’indice S&P 500, les actions américaines ont subi une correction, définie comme une baisse de 10 % des cours depuis leur sommet.
La politique imprévisible des États-Unis en ce qui a trait aux droits de douane, les représailles de ses partenaires commerciaux et la détérioration de la confiance des consommateurs ont soulevé des préoccupations au sujet d’une récession américaine.
Mais les perspectives sont-elles si désastreuses?
Bien que nous reconnaissions les risques, examinons de plus près les raisons pour lesquelles l’économie peut être plus résiliente qu’elle ne le semble.
Revoir nos perspectives du début de l’année
Au début de 2025, nous nous attendions à une année marquée par un ralentissement de la croissance mondiale, un changement des politiques commerciales américaines et la poursuite des rajustements à la politique monétaire.
Nos perspectives tenaient compte des pressions inflationnistes accrues, des tensions géopolitiques persistantes et des problèmes structurels auxquels font face les grandes économies, y compris la Chine et la zone euro.
Malgré ces défis, nous avons alors prévu une croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial d’environ 3 %, un niveau suffisant pour soutenir les marchés boursiers et les actifs à risque (Faire face au contexte économique mondial en 2025).
Aux États-Unis, l’inflation plus élevée que prévu et le ralentissement de la croissance du PIB devaient définir le contexte économique, bien que les bilans solides des ménages et des entreprises aient été considérés comme des tampons clés contre un ralentissement plus marqué.
Entre-temps, on prévoyait que le Canada bénéficierait d’une croissance modeste grâce à des baisses de taux anticipées, bien que l’incertitude commerciale et le ralentissement des tendances en matière d’immigration aient posé des défis qui pourraient plafonner la croissance autour de 1,5 % d’ici 2026.
Les marchés émergents devaient connaître un ralentissement progressif, l’Inde demeurant un point relativement positif (Faire face au contexte économique mondial en 2025).
En mars, ces perspectives demeurent en grande partie inchangées, bien que les risques se soient accrus. Le ralentissement économique imputable aux droits de douane et l’affaiblissement du climat des affaires ont entraîné des révisions à la baisse du PIB.
Toutefois, les dernières données sur l’activité suggèrent une économie plus résiliente que ce qui avait été prévu initialement. En février, les ventes au détail ont affiché une croissance plus forte que prévu, le chiffre d’affaires de groupes témoins de détaillants ayant augmenté de 1,0 % d’un mois à l’autre, ce qui est nettement supérieur aux estimations antérieures.
En effet, celles-ci suggéraient une baisse de 0,8 % à la lumière des données du CARTS de la Réserve fédérale de Chicago (en anglais seulement). De plus, les statistiques sur la production industrielle et le logement ont montré des signes de reprise, ce qui a entraîné une révision de nos estimations du PIB du premier trimestre, qui sont passées de -1,0 % à 0,3 %. Bien que les échanges commerciaux demeurent un frein à la croissance, nous nous attendons à ce que les vents contraires nets s’inversent au deuxième trimestre, ce qui soutiendra le dynamisme économique.
L’incertitude commerciale et ses répercussions sur les marchés
Le facteur le plus important du premier trimestre a été l’escalade des tensions commerciales.
L’administration américaine a imposé des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada, ce qui a incité les partenaires commerciaux à exercer rapidement des représailles.
Historiquement, l’incertitude entourant les droits de douane retarde les investissements des entreprises et affaiblit la confiance des consommateurs, deux éléments qui se matérialisent maintenant.
Dans sa mise à jour de mars, la Banque du Canada a suggéré que « la confiance des consommateurs est en forte baisse et que les entreprises réduisent leurs dépenses en reportant ou en annulant des projets d’investissement
L’incidence sur les marchés boursiers a été marquée. La correction de l’indice S&P 500 a été dominée par les actions du secteur des technologies à évaluation élevée, qui ont reculé de 15 % à 20 %, tandis que les secteurs cycliques ont été à la traîne des secteurs défensifs.
Malgré des ventes massives, nous demeurons d’avis que les actions américaines se redresseront lorsque les craintes macroéconomiques se dissiperont. Les précédents suggèrent que les craintes relatives à la croissance découlant des inquiétudes commerciales se renversent souvent une fois que les données économiques sous-jacentes se stabilisent.
Répercussions des corrections boursières et des tendances en matière de récession sur les marchés
Le lien historique entre les corrections boursières et les récessions suggère que les reculs boursiers anticipent souvent les replis économiques.
Toutefois, ce ne sont pas toutes les corrections boursières qui entraînent des récessions à grande échelle. La correction récente de l’indice S&P 500 s’apparente avec les corrections historiques des marchés qui se sont produites dans un contexte de hausse de l’inflation et d’incertitude quant à la politique commerciale.
Les corrections boursières historiques qui coïncident avec les ralentissements économiques entraînent habituellement des pertes boursières de 25 % à 30 % avant la stabilisation.
Toutefois, pendant les périodes de stagflation, les baisses boursières ont été plus prolongées et les reprises, plus lentes. La stagflation – qui combine une croissance économique lente, une inflation persistante et un taux de chômage élevé – se traduit habituellement par une croissance modeste des bénéfices et un rendement limité du marché, ce qui rend un positionnement défensif crucial.
De plus, la nature des corrections boursières varie selon le contexte économique dans son ensemble.
Les corrections déclenchées par l’instabilité financière, comme la crise financière mondiale de 2008, ont tendance à entraîner des pertes boursières plus profondes et plus durables, tandis que celles associées à des ralentissements inflationnistes ou commerciaux se résorbent souvent plus rapidement une fois que l’incertitude macroéconomique s’atténue.
La correction actuelle présente des caractéristiques semblables à celles d’épisodes passés où les pressions inflationnistes et les politiques commerciales restrictives ont miné la confiance, ce qui a entraîné une faiblesse avant une stabilisation éventuelle.
De plus, le rendement pendant les corrections boursières varie considérablement d’un secteur à l’autre. Les secteurs défensifs, y compris les biens de consommation de base, les soins de santé et les services d’intérêt public, ont historiquement surclassé les indices généraux pendant les périodes de stagflation, tandis que les actions axées sur la croissance dans le secteur des technologies sont confrontées à une volatilité accrue.
Néanmoins, nous ne nous attendons pas à ce que cette période de stagflation persiste à long terme. La combinaison des rajustements de taux de la Réserve fédérale, de l’atténuation des tensions commerciales et de l’amélioration des investissements des entreprises pourrait contribuer à ramener l’économie vers un contexte de croissance plus équilibré.
Compte tenu de l’incertitude persistante des marchés, nous avons mis l’accent sur la diversification sectorielle dans l’ensemble de nos portefeuilles afin d’atténuer le risque de baisse tout en maintenant une exposition à long terme aux occasions de reprise cyclique.
Malgré la correction, nous maintenons nos perspectives à long terme positives à l’égard des actions, d’autant plus que les données fondamentales demeurent plus solides que ne le laissent entendre les prévisions pessimistes initiales.
Bien que l’on s’attende à une volatilité accrue, l’histoire suggère que les corrections boursières tributaires des ralentissements liés aux échanges commerciaux se redressent généralement plus vite que celles provoquées par des crises financières ou des replis structurels.
Positionnement du portefeuille et stratégie de placement
Bien que les tensions commerciales et les craintes de récession aient dominé le premier trimestre, nous continuons de croire que 2025 sera une année de croissance plus lente, mais positive, et que des occasions se présenteront à mesure que l’incertitude entourant les politiques économiques se dissipera. Les investisseurs doivent demeurer patients, disciplinés et axés sur les objectifs à long terme.
Du point de vue de la répartition de l’actif, nous continuons de mettre l’accent sur la diversification entre les catégories d’actif afin de gérer le risque et de saisir les occasions potentielles.
Notre positionnement reflète notre optimisme quant aux actions américaines, en particulier dans les secteurs où la visibilité des bénéfices et le pouvoir de fixation des prix sont solides. Toutefois, nous demeurons prudents à l’égard des actions canadiennes et européennes, compte tenu de la faiblesse des données économiques fondamentales et de l’incertitude persistante entourant les politiques.
Nous prônons également une exposition accrue aux titres de créance privés et aux placements alternatifs liquides, qui peuvent offrir des occasions de rendement attrayantes et une protection en cas de baisse en période de volatilité accrue.
De plus, les stratégies d’actions multifacteurs et diversifiées demeurent un élément important de la constitution de portefeuille, aidant les investisseurs à s’adapter à l’évolution de la dynamique du marché au moyen d’une approche équilibrée des rendements rajustés en fonction du risque.
Bien que la volatilité devrait persister, un positionnement discipliné du portefeuille axé sur les actifs de qualité, les répartitions défensives et les stratégies alternatives devrait permettre aux investisseurs de faire face à l’incertitude des marchés tout en demeurant bien positionnés pour une croissance à long terme.
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