Les coûts hypothécaires continuent d’alimenter l’inflation
9 août 2023
Introduction
Les marchés d’actions mondiaux sont allés de l’avant en juillet. Les investisseurs se sont montrés dans l’ensemble optimistes car, à la lumière des chiffres, il est plausible que la récession épargne l’économie mondiale cette année. Néanmoins, les rendements ont manqué d’ardeur en contexte de hausse des taux par les banques centrales et de données économiques plutôt quelconques. Au cours du mois, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque du Canada (BdC) et la Banque centrale européenne (BCE) ont toutes trois ajouté 25 points de base à leur taux directeur. La morosité a caractérisé l’activité commerciale dans plusieurs endroits du globe, comme l’indiquent les chiffres des secteurs manufacturier et des services qui ont souffert d’un affaiblissement de la demande venant des consommateurs et des entreprises.
Au Canada, l’indice composé S&P/TSX s’est avancé, principalement alimenté par la solide performance du secteur des soins de la santé. Les actions américaines, mesurées par l’indice MSCI USA, ont elles aussi gagné du terrain en juillet. Les rendements des obligations à 10 ans du gouvernement ont augmenté, tant au Canada qu’aux États-Unis. Sur le marché des marchandises, le prix du pétrole a affiché un gain à deux chiffres et celui de l’or a aussi progressé.
Au Canada, l’inflation demeure haute en raison du coût élevé des hypothèques
Juillet a apporté quelques bonnes nouvelles quand Statistique Canada a annoncé que l’inflation au pays s’était repliée à 2,8 % en juin. L’inflation se situe donc dans la fourchette cible de la BdC, mais elle se maintient tout en haut de cet objectif, ce qui laisse entendre que la bataille n’est pas encore gagnée. Cet essoufflement de l’inflation au Canada est largement imputable au déclin du prix de l’essence et au ralentissement de la croissance du prix des aliments. Toutefois, c’est un nouveau facteur qui est venu entretenir l’inflation et importuner les ménages canadiens ces derniers mois. En effet, les coûts hypothécaires ont bondi récemment et en juin, ils ont grimpé de 30,1 % par rapport au même mois de l’année précédente. Les hausses de taux d’intérêt de la BdC depuis le début de 2022 ont fait monter celui des hypothèques. Les Canadiens doivent maintenant composer avec des taux hypothécaires plus hauts et le prix élevé des maisons. La BdC se retrouve de ce fait sur une corde raide : elle doit abaisser l’inflation à sa cible de 2 % sans ajouter une pression indue sur les ménages canadiens déjà lourdement endettés. La Banque du Canada a augmenté son taux de financement à un jour de 25 points de base lors de sa rencontre de juillet, tout en signifiant qu’elle prendra ses décisions futures en fonction des prochaines données économiques.
Le ralentissement de la consommation canadienne se répercute sur les ventes
Les estimations préliminaires de Statistique Canada quant aux ventes enregistrées sur les chaînes d’approvisionnement n’ont rien de prometteur. Parce que le marché du travail est robuste et que les comptes d’épargne ne sont pas encore vides, les consommateurs et les entreprises ont continué d’acheter. Cependant, certains signes, visibles particulièrement dans les données de juin, révèlent que les conditions financières extrêmement serrées commencent à peser lourd sur les ménages et les entreprises canadiennes. Premièrement, Statistique Canada évalue que les ventes pour les industries manufacturières ont chuté de 2,1 % en juin, ce qui serait le recul le plus important depuis février, ceci à cause principalement de la baisse de la vente des produits pétroliers. Les ventes en gros auraient dégringolé de 4,4 % en juin, la perte la plus marquée depuis 2020. Il se peut que les entreprises réduisent leurs achats de produits en gros en prévision d’un ralentissement de la demande des consommateurs. Quant aux ventes de détail, on s’attend à ce qu’elles n’aient pas bougé en juin. Au cours de 2023, les ventes au détail ont été inconstantes à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement. En général, les économistes prévoient que les ménages dépenseront moins au dernier semestre de l’année, surtout parce que leurs épargnes fondent et qu’ils font face à des coûts d’emprunt beaucoup plus hauts ainsi qu’aux prix encore faramineux des biens de consommation.
La Fed poursuit sa lutte contre l’inflation
La Fed a renoué avec sa politique de resserrement monétaire à sa rencontre de juillet. Depuis, les investisseurs se demandent si elle poursuivra en ce sens ou si elle optera pour une nouvelle pause à sa rencontre de septembre. La banque centrale des États-Unis a augmenté la fourchette de ses fonds fédéraux de 25 points de base, ce qui la porte entre 5,25 % et 5,50 %, son sommet depuis 2021. Étant donné que l’économie avançait à pas lents et que l’inflation subsistait, la Fed a jugé qu’une nouvelle hausse de taux s’imposait. La Fed demeure résolue à rabattre l’inflation à sa cible de 2 %. Les données montrent que l’inflation flanche bel et bien. La Fed n’a cependant pas fait de promesse quant à l’issue de sa rencontre de septembre. La Réserve fédérale américaine n’a pas été la seule grande banque centrale à tenir une rencontre en juillet. La BCE a augmenté son taux d’intérêt directeur de 25 points de base pour l’établir à 4,50 %. Les pressions inflationnistes perdurent, mais la BCE a affirmé qu’elle était ouverte tant à la possibilité de majorer le taux d’intérêt qu’à celle de les maintenir à sa prochaine rencontre. La Banque du Japon a fait les gros titres à la fin du mois lorsqu’elle a annoncé son intention de se montrer plus souple en matière de contrôle de la courbe des taux et déclaré que son plafond de 0,50 % était pour elle une référence et non un maximum absolu.
L’économie chinoise montre une faiblesse sous-jacente
Le produit intérieur brut de la Chine semble s’être renfloué appréciablement au deuxième trimestre de 2023, mais un examen plus attentif des chiffres sous-jacents révèle une certaine faiblesse de la deuxième économie mondiale. L’économie chinoise s’est avancée de 6,3 % sur une base annuelle au deuxième trimestre de 2023, ayant ainsi accéléré légèrement le pas depuis son essor de 4,5 % enregistré au premier trimestre. Les chiffres mis en manchette étaient en réalité dus au fait qu’ils étaient comparés à ceux, plutôt bas, de 2022, alors que plusieurs grandes villes chinoises étaient soumises à de strictes mesures de confinement en raison de la COVID-19. Les pressions subies par le marché immobilier chinois, l’endettement élevé, les dépenses de consommation relativement faibles et l’activité manufacturière anémique sont autant de facteurs freinant l’économie de la Chine. La Banque populaire de Chine a descendu son taux directeur en juin, mais l’a maintenu tel quel en juillet, dans l’espoir de fouetter l’économie. Alors que tout indique que l’économie chinoise s’affaiblit, on s’attend de plus en plus à ce que les décideurs cherchent à multiplier les moyens de stimuler la croissance, mais le gouvernement paraît quelque peu hésitant en raison du niveau d’endettement déjà considérable. Le gouvernement chinois visait une croissance de 5,0 % pour 2023.
Rendements des marchés - au 31 juillet 2023
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Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
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1 an
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1 an (CAD)
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---|---|---|---|---|---|---|---|
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20 626,64
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2,34 %
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2,34 %
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6,41 %
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6,41 %
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4,74 %
|
4,74 %
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Indice MSCI USA (USD) |
4 370,10
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3,35 %
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2,85 %
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20,05 %
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16,81 %
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11,26 %
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14,33 %
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2 199,36
|
3,17 %
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2,67 %
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13,14 %
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10,09 %
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13,53 %
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16,66 %
|
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1 046,91
|
5,80 %
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5,29 %
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9,47 %
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6,51 %
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5,35 %
|
8,25 %
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1 985,86
|
2,98 %
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2,48 %
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14,68 %
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11,59 %
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16,43 %
|
19,64 %
|
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170,75
|
4,60 %
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4,09 %
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9,64 %
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6,69 %
|
6,50 %
|
9,43 %
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Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel
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1 an
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1 an (CAD)
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---|---|---|---|---|---|---|---|
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1 065,61
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(1,11 %)
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(1,11 %)
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1,37 %
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1,37 %
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(1,83 %)
|
(1,83 %)
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207,73
|
0,50 %
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0,01 %
|
2,73 %
|
(0,05 %)
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(3,49 %)
|
(0,91 %)
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Devices |
Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
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1 an
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1 an (CAD)
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---|---|---|---|---|---|---|---|
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0,7581
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0,40 %
|
-
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2,76 %
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-
|
(2,99 %)
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-
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Marchandises |
Niveau
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Cumul mensuel
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Cumul mensuel (CAD)
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Cumul annuel
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Cumul annuel (CAD)
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1 an
|
1 an (CAD)
|
---|---|---|---|---|---|---|---|
|
81,80
|
15,74 %
|
-
|
1,87 %
|
-
|
(17,10 %)
|
-
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Or (USD/oz) |
1 965,09
|
2,38 %
|
-
|
7,73 %
|
-
|
11,28 %
|
-
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Argent (USD/oz) |
24,75 |
8,70 % |
|
3,35 % |
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21,60 % |
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