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Par Corrado Tiralongo, chef des placements | 22 janvier 2025

Quand on amorce une nouvelle année, il est d’usage de faire des prédictions sur le contexte économique et le contexte des placements. Cet exercice s’accompagne à la fois de défis et d’occasions. Cela me rappelle une citation souvent attribuée au statisticien britannique George E. P. Box : « Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles. » Cela nous rappelle que, bien que les prévisions soient fondamentalement imparfaites, elles peuvent tout de même offrir de l’information significative pour guider la prise de décisions dans un monde incertain. Dans cette optique, nous avons défini des thèmes clés susceptibles de façonner l’économie et les marchés mondiaux en 2025, en fournissant un cadre pour gérer les risques et les occasions qui se présentent.

Défis pour l’économie mondiale

Nous prévoyons que l’économie mondiale devra relever de nombreux défis en 2025, notamment un changement des politiques commerciales américaines, des problèmes structurels en Chine et une croissance lente dans la zone euro. Malgré ces obstacles, nous nous attendons à ce que le produit intérieur brut (PIB) mondial augmente d’environ 3 %. Il s’agit d’un rythme modeste comparativement aux normes historiques, mais suffisant pour soutenir des actifs « à risque », comme les obligations non gouvernementales de catégorie spéculative, les actions ou les marchandises.

À notre avis, aux États-Unis, l’inflation et les taux d’intérêt seront plus élevés que ce que les acteurs du marché avaient prévu précédemment, et la croissance du PIB sera moindre que celle attendue, ce qui caractérisera l’année. Toutefois, des bilans solides pour les ménages et les entreprises devraient aider à atténuer les répercussions. En Chine, le soutien budgétaire et monétaire pourrait stimuler la croissance à court terme, mais des contraintes structurelles telles que des niveaux d’endettement élevés et des déséquilibres offre/demande devraient réapparaître. De son côté, le Canada pourrait réaliser des gains en début d’année grâce à la baisse des taux d’intérêt, mais un ralentissement de l’immigration et des tarifs douaniers américains pourrait plafonner la croissance à environ 1,5 % d’ici 2026. À notre avis, les marchés émergents connaîtront généralement des ralentissements progressifs, l’Inde continuant d’être un pays qui se démarque.

Nous nous attendons à ce que les taux d’intérêt continuent de baisser en 2025, mais les banques centrales approcheront probablement l’assouplissement monétaire avec prudence. Aux États-Unis, l’inflation soutenue par les tarifs douaniers pourrait atteindre un sommet de 3 % avant de se modérer en 2026, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à adopter une position mesurée, avec des taux qui devraient probablement se situer entre 3,50 % et 3,75 % à la fin de l’année. Même si nous prédisons que la Chine et l’Australie agiront avec prudence, la Banque centrale européenne pourrait mettre en œuvre des réductions plus énergiques en raison de la faiblesse persistante de la croissance, ce qui devrait affaiblir l’euro.

La Banque du Japon se démarque comme exception potentielle, ce qui pourrait entraîner une hausse des taux dans des conditions nationales uniques.

Bien que les événements géopolitiques domineront les manchettes, leurs conséquences économiques directes pourraient demeurer limitées. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis pourrait façonner la dynamique mondiale, des relations commerciales aux risques de conflit. Les tensions entre les États-Unis et la Chine s’aggraveront probablement, mais les retombées économiques se feront probablement sentir sur des années plutôt que sur des mois. Il est à noter qu’un conflit potentiel au sujet de Taïwan demeure un risque à faible probabilité, mais à incidence élevée.

Nous croyons également que les préoccupations au sujet d’une guerre commerciale mondiale sont peut-être exagérées. Bien que les tarifs douaniers et les mesures protectionnistes des États-Unis perturberont probablement les flux commerciaux, il est peu probable que les volumes des échanges mondiaux s’effondrent. Des rajustements des taux de change et des mesures de représailles sélectives d’autres pays pourraient en limiter l’incidence. Nous nous attendons à ce que les importations américaines diminuent, mais le commerce mondial pourrait tout de même afficher des gains modestes si l’économie mondiale demeure résiliente.

Les niveaux élevés de la dette et l’élargissement des déficits budgétaires restreindront probablement la politique budgétaire dans de nombreux pays avancés. Des pays comme la France, l’Italie et les États-Unis font face à une surveillance de plus en plus minutieuse de la part des marchés obligataires, ce qui pourrait forcer les gouvernements à privilégier la discipline budgétaire au détriment des dépenses de relance. Bien que les marchés émergents d’Asie semblent mieux positionnés, la vulnérabilité d’économies comme celle du Brésil demeure préoccupante. Ces pressions budgétaires devraient modérer les attentes quant à des politiques audacieuses en 2025.

Faire face à l’essor de l’IA

Les actions américaines devraient battre l’indice en 2025, grâce à l’expansion continue de la bulle de l’intelligence artificielle (IA). Les bulles d’investissement sont souvent perçues négativement, mais elles peuvent avoir des avantages importants, comme l’accélération de l’innovation et du développement des infrastructures. Le boom ferroviaire du 19e siècle et la bulle Internet de la fin des années 1990 en sont des exemples historiques. Ils illustrent comment l’enthousiasme spéculatif peut canaliser de grandes quantités de capitaux vers des technologies transformatrices. Toutefois, ces périodes d’exubérance ne sont pas sans inconvénients. Bien que la société en tire souvent des bénéfices à long terme, de nombreux investisseurs subissent des pertes substantielles lorsque des bulles éclatent inévitablement, à mesure que les évaluations surestimées s’effondrent et que les entreprises spéculatives échouent. C’est pourquoi il est important de gérer soigneusement les portefeuilles pendant les périodes de frénésie spéculative.

Bien que les évaluations demeurent élevées, les données historiques suggèrent que les cours des actions peuvent encore grimper. Toutefois, les actions non américaines pourraient afficher un rendement inférieur, en particulier en Europe et au Canada, en raison de conjonctures économiques moins robustes. Les marchés des marchandises devraient faire face à des vents contraires en raison du ralentissement de la demande mondiale, tandis que les obligations de sociétés pourraient avoir de la difficulté à produire des rendements attrayants, compte tenu de l’étroitesse des écarts de rendement.

Pourrait-on observer une année 2025 plus radieuse?

Malgré des risques notables, l’année 2025 pourrait agréablement nous surprendre. Une reprise plus forte que prévu de la productivité mondiale, stimulée par les progrès technologiques et les réformes structurelles, pourrait rapprocher la croissance du PIB de 4 %. L’atténuation des pressions inflationnistes dans les grandes économies et un soutien budgétaire et monétaire soutenu pourraient encore renforcer le dynamisme économique. Bien que ce scénario optimiste exige que plusieurs conditions soient réunies parfaitement, il nous rappelle le potentiel de résilience et de reprise de l’économie mondiale.

Nous vous souhaitons, à vous et à vos proches, une année 2025 heureuse, saine et prospère. Que les astres s’alignent pour une économie saine en 2025!

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